Tunisie: RESSOURCES HYDRIQUES, Une bonne gouvernance pour mieux gérer l’eau



Tunisie: RESSOURCES HYDRIQUES, Une bonne gouvernance pour mieux gérer l’eau

Une journée parlementaire réservée au Code des eaux a été organisée, le 9 janvier, sur initiative de la commission de l’agriculture et de la sécurité alimentaire et du commerce et des services annexes.

L’ouverture des travaux a été présidée par Rached Ghannouchi, président de l’Assemblée des représentants du peuple, en présence de Mme Samira Chaouachi, premier vice-président de l’ARP et Mme Jamila Debbech Ksiksi, vice-président chargée des relations avec le citoyen et la société civile ainsi que Moez Belhaj Rhouma, président de la Commission de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, du commerce et des services annexes, les membres de ladite commission et des représentants du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche et d’organisations et d’associations, outre les députés et les experts. Ouvrant les travaux, le président de l’ARP a souligné que la richesse hydrique est considérée comme un sujet faisant partie de la sécurité nationale et l’approbation du Code des eaux sera classée dans les priorités de l’action législative pour cette session parlementaire vu l’inadaptation des législations actuelles avec la situation que nous vivons.

Approfondir le dialogue

L’orateur a souligné la nécessité de faire bénéficier les citoyens de leur droit à l’eau conformément aux dispositions de la Constitution sans oublier la protection des générations à venir qui ont droit, eux aussi, à l’eau qui est exploitée de façon intensive. Il a relevé que le projet du Code des eaux est perfectible en faisant participer les experts et la société civile dans les dialogues organisés. De son côté, le président de la commission de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, du commerce et des services annexes a indiqué que la journée d’études vise à approfondir le dialogue sur les aboutissements du débat sur le Code des eaux pour pouvoir l’approuver avec ses différents articles qui peuvent subir éventuellement un ajustement. L’orateur a rappelé le recul du quota de chaque citoyen en eau à un niveau bas. D’où la nécessité de développer le Code des eaux, qui constitue l’une des priorités de cette étape. Et d’ajouter qu’un débat sur le Code des eaux est ouvert en partenariat avec les organisations, les experts et les ministères concernés.

Pour sa part, M. Abdallah Rebhi, spécialiste dans le domaine de l’eau, a parlé du « diagnostic de la réalité des ressources hydriques en Tunisie et les problématiques  régionales dans ce domaine ». Et d’expliquer que l’ancien Code des eaux avait pour objectif le renforcement de la production. Mais la réalité a changé et a exigé un nouveau Code adapté à la nouvelle donne.

Stratégie de collecte des eaux pluviales

La bonne gouvernance constitue le défi principal en assurant la durabilité des ressources hydriques. M. Rebhi a précisé que l’investissement de l’Etat dans la construction des barrages a été accompagné par les pertes d’eau, ce qui a diminué leur capacité. Et d’ajouter que la hausse du taux de salinité et l’absence de la gouvernance ainsi que la faiblesse de l’efficacité et la multiplication des puits anarchiques ont approfondi la crise de la rareté de l’eau. Il a appelé les parties prenantes à limiter les impacts négatifs sur l’exploitation irrationnelle de l’eau sur le sol. Mme Sihem Ben Abdallah a noté que les difficultés subies par  le secteur de l’eau sont liées par le changement climatique dans la mesure où l’eau s’évapore suite au réchauffement du climat, outre la désertification et la baisse du niveau de la mer. L’oratrice a indiqué que la Tunisie va connaître un recul au niveau des pluies de 40% notamment dans la zone du Nord-Ouest. En contrepartie, le taux du réchauffement climatique sera important à l’avenir. D’où la nécessité de rationaliser la consommation de l’eau et d’asseoir une bonne gouvernance des ressources disponibles, de protéger les ouvrages hydrauliques et d’adopter un dispositif de sécurité sanitaire de ce produit sans omettre la mise en place d’une stratégie de collecte des eaux pluviales.

Abderrazek Chahda a mis en exergue l’importance du projet du Code des eaux dans la réalisation du développement durable, précisant la liaison entre le manque d’eau et l’accroissement du taux de pauvreté  et l’effet de la qualité de l’eau sur la santé. Il a appelé les pouvoirs concernés à renforcer le processus de la décentralisation et l’équité entre les régions tout en œuvrant à fournir une eau de qualité et en assurant la maintenance des réseaux de l’eau. Les intervenants au débat ont indiqué que le changement climatique et l’effet de serre ainsi que la dégradation des réseaux de distribution de l’eau et des barrages ont aggravé la crise de l’eau en Tunisie. D’où la nécessité de faire face à l’exploitation des nappes phréatique qui ne peuvent se faire sans un modèle de développement. Il est impératif également d’améliorer la gouvernance des systèmes hydrauliques et de les moderniser. Les agriculteurs doivent être aussi vulgarisés pour qu’ils optimisent leur consommation. Avec la révision du Code des eaux  et le Code des forêts et le développement de la recherche scientifique dans ce domaine, il est possible d’avoir des résultats satisfaisants.


source: La Presse.tn

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