Algérie : Prix des Fruits et légumes , Les ménages face à la hausse

  • 21 août 2017 / Actualité / 460 / Emerging Africa


Algérie : Prix des Fruits et légumes , Les ménages face à la hausse

Après l’accalmie enregistrée durant le Ramadhan, les prix des fruits et légumes repartent à la hausse. Un kilo de tomate, de pomme de terre, d’haricot vert, de laitue et de courgette reviennent à 800 DA. Mohamed s’en sort mal. «Les prix ont vraiment flambé», juge-t-il. « Je préfère acheter chez les commerçants informels plutôt qu’au marché où les prix dépassent parfois l’imaginaire », confie notre interlocuteur au marché Meissonnier à Alger-Centre.
 

À une semaine de la fin des vacances et leurs énormes dépenses, les ménages vont se retrouver encore face à une autre charge et pas des moindres. Il s’agit de la rentrée scolaire, qui coïncide avec la fête de l’Aid el Kébir. Il faut le dire, ces deux grands évènements exigent bien des dépenses. Mais ce sont surtout les familles à faible revenu qui vont ressentir cette flambée des prix, au demeurant, injustifiée, qui revient à l’approche de chaque fête religieuse. Lors d’une virée effectuée hier aux différents marchés de la capitale, nous avons constaté de visu que les prix ont connu des hausses importantes. Le prix de la tomate affiche pas moins de 90 DA, la pomme de terre, fécule consommé à grande échelle par les Algériens, est cédée à 65 DA. Les prix de l’oignon oscillent entre 40 et 50 DA, tandis que la carotte tourne autour de 80 DA. S’agissant du prix de la courgette, il a atteint 200 DA, alors que l’haricot vert est cédé à 250 DA le kg. Le piment, le poivron et la laitue affichent les 120 DA.
La laitue, elle, très demandée, surtout en période d’été, a également connu une augmentation vertigineuse, atteignant  les 200 DA. La même tendance est constatée pour les prix des fruits, surtout ceux produits localement, lesquels n’ont pas échappé à la règle. Ces derniers ayant atteint des seuils inabordables au niveau de ces marchés populaires. À titre d’exemple, les raisins sont cédés à 300 DA, le prix de la pomme étant, en moyenne, à 200 DA. «Je me demande toujours d’où ça vient cette hausse parfois inexplicable, s’exclame Samira, le nez plongé dans les melons. « Vraiment, il y a quelques jours seulement, les prix étaient raisonnables et à la portée de tout le monde,  même pour les petites bourses où le kilo ne dépassait pas les 60 DA, mais aujourd’hui, celui-ci est passé à 100 DA », a-t-elle indiqué. En ce qui concerne les viandes rouge et blanche, elles affichent 1.450 DA pour la viande rouge fraîche et 420 DA pour la viande blanche (un poulet déplumé et vidé). S’agissant de la sardine, elle est devenue un produit de luxe. Le prix du kilogramme oscille entre 800 DA et 900 DA.
Rencontrée au marché de la Lyre, une vieille femme déambulait entre les étals des fruits et légumes, un panier encore à moitié vide, quand nous l’avons approchée. «J’ai  pu acheter quatre produits seulement, un demi-kilo de courgettes, un kilo d’oignons et un kilo de pomme de terre pour 220 DA», a-t-elle regretté. «Ya hasrah ala z’mane, (rien n'est plus comme avant) avec cette somme d’argent on arrivait à acheter tout ce que nous voulions», a-t-elle lancé, avant d’ajouter : «On ne cessera jamais de parler des prix des fruits et légumes, car ces derniers ne cessent d’augmenter au détriment des ménages à faible revenu».
Ce qui a attiré notre attention, c’est qu’en dépit du fait que la majorité des produits soient de saison, leurs prix restent exorbitants. Selon les points de vue des citoyens que nous avons abordés à cette occasion, le phénomène de la hausse des prix n’est pas lié à la règle de l’offre et de la demande, comme le prétendent certains, car, le cas échéant, l’offre serait plus importante que la demande. Il y a lieu de rappeler que l’Office national des statistiques (ONS) avait indiqué que l’évolution des prix à la consommation en rythme annuel à mai 2017 est le taux d’inflation moyen annuel calculé en tenant compte des douze (12) mois allant de juin 2016 à mai 2017 par rapport à la période allant de juin 2015 à mai 2016. En termes de variation mensuelle et par catégorie de produits, les prix des biens alimentaires ont baissé de 1,1%, résultant notamment de la chute des prix de produits agricoles frais. Ainsi, les prix des produits agricoles frais ont enregistré une baisse de 3% en mai 2017 par rapport à avril dernier, à l’exception des fruits qui ont augmenté de 8,3% et des poissons qui ont connu une hausse de 3,2%.
Makhlouf Aït Ziane


source: el moudjahid