Pour un dialogue fructueux favorisant un partenariat gagnant/gagnant



Pour un dialogue fructueux favorisant un partenariat gagnant/gagnant

,Lors de différentes visites tant à Alger qu'à Bruxelles, les parties algériennes et européennes ont réaffirmé la détermination commune à rehausser les relations à la hauteur des ambitions proclamées. L'Algérie est un acteur de stabilité de la région méditerranéenne et africaine et par exemple à travers les canalisations Medgaz et Transmed, un acteur stratégique pour l'approvisionnement en énergie de l'Europe ayant toujours respecté ses engagements commerciaux. La volonté serait de «densifier» cette coopération, selon le ministre algérien des Affaires étrangères, pour qui «la démarche d'évaluation réclamée par l'Algérie ne vise nullement à remettre en cause l'Accord, mais, bien au contraire, à l'utiliser pleinement dans le sens d'une interprétation positive de ses dispositions permettant un rééquilibrage des liens de coopération. 
Par contre les importations, ont légèrement reculé à 11,2 mds usd contre 11,92 mds usd à la même période de l`année écoulée, soit une baisse de seulement de 6%. Les exportations ont assuré la couverture des importations à hauteur de 96% durant les trois premiers mois de 2018 contre 75% à la même période de l`année 2017. Pour le bilan 2017, Les exportations ont nettement augmenté à 34,76 milliards de dollars contre 30,02 milliards en 2016, en hausse de 4,74 milliards. Les hydrocarbures ont continué de représenter l'essentiel des exportations (94,54%), à 32,86 milliards contre 28,22 milliards en 2016, soit une hausse de 16,45%, dans le sillage d'un redressement des cours mondiaux de pétrole.
Toujours marginales, les exportations hors hydrocarbures se sont établies à 1,89 milliard de dollars, soit une hausse de 5,21% par rapport à l'année 2016. En 2017, les importations se sont établies à 45,95 milliards de dollars contre 47,08 milliards en 2016, en diminution de 1,13 milliard (-2,4%).
Cette faible baisse illustre le résultat mitigé des différentes politiques menées par le gouvernement : introduction des licences, blocage des importations de plusieurs produits – dont l'automobile-, renforcement des contrôles bancaires et douaniers. Sans compter la sortie importante de devises par les services dont le montant a fluctué entre 2010/2017 entre 10 et 11milliards de dollars par an.
Pour 2017, les cinq premiers clients de l'Algérie, ont été l'Italie avec 5,55 mds usd (16% des exportations globales algériennes) suivie de la France avec 4,5 mds usd (13%), de l'Espagne avec 4,14 mds usd (12%), des Etats-Unis avec 3,4 mds usd (9,7%) et du Brésil avec 2,08 mds usd (6%). Quant aux principaux fournisseurs de l'Algérie, la Chine est en tête pour la cinquième année consécutive avec 8,31 mds usd (18,1% des importations globales algériennes), suivie de la Franceavec 4,3 mds usd (9,35%), de l'Italie avec 3,75 mds usd (8,2%), de l'Allemagne avec 3,21 mds usd (7%) et de l'Espagne avec 3,13 mds usd (6,8%).
Rappelons que pour 2016, les exportations ont reculé à 28,88 mds usd en 2016 contre 34,66 mds usd en 2015, soit une chute de 16,7%, les exportations hors hydrocarbures, marginales, ayant baissé à 2,063 mds usd en 2016 contre 2,582 mds usd en 2015 (-20,1%), plus de 50% étant constituées de dérivées d'hydrocarbures. Quant aux importations, elles ont également baissé mais à un moindre rythme pour se chiffrer à 46,72 mds usd en 2016 contre 51,7 mds usd en 2015, en baisse de 9,62% donnant un déficit de la balance commerciale de près de 18 milliards de dollars ,montant auquel il faudra ajouter celui des services et des transferts légaux de capitaux, la balance des paiements étant la référence unique avec entre 2014/2016 comme principaux partenaires de l'Algérie, les pays de l'Union Européenne avec environ 50,67% des importations et 64,21% des exportations inclus les hydrocarbures.
Approfondir les réformes
L'Algérie sera ce que les algériens voudront qu'elle soit. L'Algérie afin de négocier en rapport de forces, implique changement de la mentalité bureaucratique, en ce XXIème siècle ce ne sont pas les Etats qui investissent, jouant le rôle de régulateur, devant concilier efficacité économique et une profonde justice sociale, mais les opérateurs qui sont mus par la logique du profit. Personne ne pouvant se targuer d'être plus nationaliste qu'un autre, la facilité et la fuite en avant est de vouloir imputer les causes du blocage seulement à l'extérieur (ce discours anti-impérialiste chauviniste pour faire oublier les problèmes intérieurs, ce chat noir dans un tunnel sombre que l'on ne voit jamais) alors que le mal essentiel est en nous.
L'extérieur est-il responsable de la montée en puissance de la bureaucratie destructrice et de la corruption dominante; l'extérieur est-il responsable de notre mauvaise gestion et du gaspillage de nos ressources. Certes, les inquiétudes étant légitimes car les baisses tarifaires sont un manque à gagner à court terme du fait du dégrèvement tarifaire, mais devant raisonner en termes d'avantages comparatifs dynamiques à moyen terme. Invoquer la situation mono exportatrice de l'Algérie, ne tient pas la route, la majorité des pays de l'OPEP étant membres de l'OMC (97% du commerce mondial et 85% de la population mondiale).
Le grand défi pour l'Algérie est d'accélérer la réforme globale pour tirer les avantages comparatifs de l'insertion dans la division internationale du travail. Pour bénéficier des effets positifs de l'Accord avec l'Europe que d'une éventuelle adhésion à l'OMC, (sinon les effets pervers l'emporteront) qu'il faille faire d'abord le ménage au sein de l'économie algérienne et que ce sont les freins à la réforme globale du fait de déplacements des segments de pouvoir (les gagnants de demain n'étant pas ceux d'aujourd'hui) qui explique le dépérissement du tissu productif.
Toute analyse opérationnelle devra relier l'avancée ou le frein aux réformes en analysant les stratégies des différentes forces sociales en présence, la politique gouvernementale se trouvant ballottée entre deux forces sociales antagoniques, la logique rentière épaulé par les tenants de l'import (en réalité seulement 100 contrôlant plus de 80% du total) et de la sphère informelle malheureusement dominante et la logique entrepreneuriale minoritaire.
Cela explique que l'Algérie est dans cette interminable transition, ni économie de marché concurrentielle à vocation sociale, ni économie administrée, l'avancée des réformes étant inversement proportionnelle au cours du pétrole et du cours du dollar, les réformes étant timidement faites avec incohérence lorsque le cours baisse. Cela explique également que malgré des dévaluations successives du dinar, 5 dinars un dollar en 1974 à 115 dinars un dollar en avril 2018 au cours officiel e tà plus de 140 dinars un euro, il a été impossible de dynamiser les exportations hors hydrocarbures montrant que le blocage est d'ordre systémique.
C'est que 80% directement et indirectement du taux de croissance du PIB (via le BTPH) et donc du taux d'emploi, est tiré par la dépense publique via les hydrocarbures ce qui donne aux entreprises créatrices de richesses publiques ou privées (souvent endettées vis à des banques publiques) une part négligeable. Les infrastructures n'étant qu'un moyen, l'expérience récente malheureuse de l'Espagne qui a misé sur ce segment doit être méditée attentivement par les autorités algériennes.
Aussi, pour pouvoir attirer les investissements porteurs, le gouvernement algérien devrait donc mettre en place des mécanismes de régulation afin d‘attirer des investisseurs porteurs, évitant des changements périodiques de cadres juridiques, des actions administratives bureaucratiques non transparentes source de démobilisation et qui risquent de faire fuir les investisseurs qu'ils soient locaux ou étrangers. Sans chauvinisme, l'Algérie recèle des potentialités pour sortir de la crise.
L'Algérie, un acteur déterminant de la stabilité régionale et de la sécurité énergétique de l'Europe
Contrairement à certaines prévisions pessimistes prédisant un scénario catastrophe pour l'Algérie horizon 2020, l'Algérie, sous réserve d'une bonne gouvernance et d'une réorientation de sa politique économique, a l'ambition de ses choix. L'Algérie par exemple à travers les canalisations Medgaz et Transmed est un acteur stratégique pour l'approvisionnement en énergie de l'Europe ayant toujours respecté ses engagements commerciaux. Selon le plan de la compagnie nationale des hydrocarbures, Sonatrach, il est prévu un investissement de 73 milliards de dollars entre l'année 2016 et 2020, dédié au domaine de l'exploration.
Considérée comme le 2e fournisseur en gaz pour l'Europe après la Russie, l'Algérie prévoit une augmentation de sa production de gaz de l'ordre de 141,3 milliards de m3 cube pour cette année, en vue d'atteindre 143, 9 milliard en 2018, et 165 milliards pour l'année 2020, la production de gaz algérien, affichant une augmentation de 90 milliards de m3 annuellement, dont 50 milliards acheminés a travers les gazoducs vers l'Europe.
Ainsi, l'Algérie peut devenir un acteur déterminant de la stabilité de la région méditerranéenne et africaine, conditionnée par son développement économique et social au sein de grands espaces régionaux, analyse soutenue dans mes interviews internationales notamment à Radio France Internationale RFI France le 27/02/2016/, à l'American Herald Tribune du 28 décembre 2016 et au quotidien financier français la tribune.fr en février 2017. Réussir les réformes structurelles permettant le redressement national est possible.
Pour cela, des réformes de structures doivent avoir pour finalité d'encourager l'investissement créateur de valeur ajoutée passant la refonte du système foncier, financier, douanier, fiscal, l'administration et une nouvelle régulation sociale au profit des plus démunis.
 


source: La Nouvelle République

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