Maroc: sa Stratégie nationale de réduction et de valorisation des déchets

  • 26 novembre 2020 / Actualité / 226 / Fares RAHAHLIA


Maroc:            sa Stratégie nationale de réduction et de valorisation des déchets

Qu'en est-il de la Stratégie nationale de réduction et de valorisation des déchets (SNRVD) ? A cet effet, le Maroc a clairement annoncé sa volonté de développer le recyclage dans le respect de la dimension sociale et environnementale. Il a défini comme objectif stratégique de valoriser 20% des déchets générés à l'horizon 2020. Pour les participants au dernier webinaire organisé par la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) sur la gestion des déchets dans le Royaume, ladite stratégie cherche encore son rythme de croisière et peine à démarrer. Selon Hassan Chouata, président de l'Association marocaine des experts en gestion des déchets de l'environnement (AMEDE), notre pays produit 7 millions de tonnes de déchets ménagers, 7 millions de tonnes de déchets de démolition, 1,5 million de tonnes de déchets industriels et 350.000 tonnes de déchets industriels dangereux dont seulement 8% sont valorisés par des plateformes relevant du secteur privé. Selon l'intervenant, la valorisation et le recyclage restent une véritable problématique au Maroc puisque les chiffres révèlent que si les potentiels de valorisation s'élèvent à 20%, seuls 7% des déchets sont valorisés. «Prenez l'exemple des déchets en plastique, leur taux de recyclage ne dépasse pas les 11% au Maroc contre 24% en France et 38% en Allemagne. Cela veut dire qu'on est loin d'une vraie politique de valorisation des déchets », a-t-il souligné. Et d'affirmer : « Le pire c'est que nous disposons d'un Plan national pour la gestion des déchets dangereux, mais il reste encore inopérationnel. Ce qui pose la question des responsabilités et du contrôle des opérateurs industriels ». En effet, la loi cadre sur l'environnement et le développement durable a instauré le principe de la «Responsabilité élargie des producteurs (REP)». Lequel étend leurs obligations à l'égard du produit jusqu'au stade de son cycle de vie situé en aval de la consommation. Il présente deux caractéristiques interdépendantes, à savoir le transfert en amont de la responsabilité (matérielle et / ou économique, totale ou partielle) des communes vers les producteurs et la création d'incitations en faveur de la prise en compte des aspects environnementaux par eux dans le cadre de la conception des produits. «Le Maroc est classé parmi les pays qui ont un arsenal juridique très développé en matière de gestion des déchets au niveau africain (la loi n° 78/00 portant Charte communale, la loi n° 79.00 relative à l'organisation des collectivités préfectorales et provinciales, la loi n° 47.96 relative à l'organisation de la région, la loi n° 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination, la loi n° 54-05 du 14 février 2006 relative à la gestion déléguée des services publics et ses décrets d'application, le décret du 8 décembre 2009 relatif à la mise en décharge, la loi n° 12-03 relative aux études d'impact sur l'environnement et la loi cadre portant Charte nationale de l'environnement et du développement durable), mais cet arsenal reste inutile faute de décrets permettant sa mise en œuvre», a expliqué le président de l'AMEDE. De son côté, Kenza El Azkem, de l'Association Zéro Zbel a indiqué que 85% des déchets détectés au niveau des côtes marocaines sont des déchets plastiques dont la source n'est autre que trois grandes entreprises, selon une étude initiée en 2018 par ladite association. Une autre étude menée au cours de cette année par la même ONG au niveau des rivières et oueds, notamment les principaux, a révélé que 70% des déchets détectés sont de nature plastique. Une situation que reconnaît un rapport du secrétariat d'Etat auprès du ministre de l‘Energie, des Mines et du Développement durable, chargé du Développement durable daté de 2019 qui a indiqué qu'une partie limitée des déchets industriels est éliminée/valorisée dans des unités adéquates avec un protocole d'acceptation conforme aux réglementations internationales en la matière.


source: Aujourd'hui le Maroc

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