Maroc : L’AFD devient une agence 100% accord de Paris

  • 14 décembre 2017 / Actualité / 249 / Africa-Bi2


Maroc : L’AFD devient une agence 100% accord de Paris

Impressionnant dispositif sécuritaire! Badges, passeport, scanner… Sur l’île Seguin, dans l’ouest de Paris, une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement sont annoncés. Co-organisé avec la Banque mondiale et les Nations unies, le sommet de Paris auquel seul un chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis est représenté, cherche surtout à réorienter la finance mondiale vers les investissements verts.

L'un des moments forts du sommet aura été l'arrivée du Souverain marocain, accompagné du prince héritier Moulay El Hassan. Un hommage chaleureux leur a été rendu par Emmanuel Macron. De nombreuses attentes pour le One Planet Summit, à commencer par celle du financement.

La plupart des acteurs réclament une action des Etats pour clarifier les règles. «Les places financières internationales ont la capacité de canaliser les financements et les gouvernements sont en mesure de mettre en place les cadres adéquats», souligne Frank Brainama, président de la COP23, Premier ministre des Fidji.

La matinée de ce mardi 12 décembre s’est focalisée sur les échanges entre représentants des institutions internationales et hauts responsables gouvernementaux. Et ce n’est que l’après-midi que les sessions avec les dirigeants seront menées. Le tout devra aboutir à une liste d’engagements concrets et non à une déclaration. Car, l’heure n’est plus aux bonnes intentions mais plutôt à l’action comme cela a été souligné lundi 11 décembre par les dirigeants des grandes entreprises présents au sommet.

Quelques déclarations ont ponctué la matinée. Les premières sont venues de l’Agence française de développement (plusieurs ateliers se sont tenus en parallèle). L’agence s’est fixée une nouvelle frontière stratégique: devenir la première «agence 100% accord de Paris».

Ce qui veut dire que tous les projets et leur qualité seront appréciés au regard des trajectoires de long terme que chaque pays doit définir d’ici à 2020.  L’Agence compte, selon Rémy Rioux, son président et également président de l’International Development Finance Club, créer un instrument: «facilité 2050». Celui-ci appuiera les pays dans la définition de cette stratégie.

Rémy Rioux, pour qui la question de la finance n’est pas un moyen mais une fin, constate que  «plus de 30 banques de développement, multilatérales, nationales et régionales, représentant 5.000 milliards de bilans cumulés vont faire de l’accord de Paris leur boussole. Nous voulons mobiliser très rapidement le secteur privé et accélérer le passage des énergies fossiles vers les énergies renouvelables».

Deux ans après l’accord de Paris, un bilan de ce qui a été entrepris a également été dressé par les différents responsables. «Depuis deux ans, l’objectif de 100 milliards de dollars de financement public et privé est en mouvement. Le fonds vert pour le climat comme d’autres fonds alimente des projets concrets en nombre croissant», déclare Jean-Yves Le Drian - ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères lors du panel consacré au thème «Changer l’échelle de la finance pour l’action climat».

Parmi les exemples de l’agenda de l’action, qui représente le pilier de la COP21 repris par  la COP23, figure l’initiative lancée pour renforcer les systèmes d’alerte des populations  des pays vulnérables face aux évènements  extrêmes. Le projet est en cours de déploiement avec 40 pays pour investissement de 100 millions de dollars d’ici 2020. La lutte contre l’érosion des sols figure aussi parmi les projets en «mouvement».

Car sans actions sur les sols, les chances de rester en-dessous des 2 degrés sont quasiment nulles. A travers l’Agence française de développement, la France va s’engager, selon Le Drian, à hauteur de 30 millions d’euros dans les fonds pour la neutralité de la dégradation des terres.

Autre projet en cours, l’initiative africaine pour les énergies renouvelables, soit 19 projets pour une production de près de 2 GW et 4 milliards d’euros d’investissement. Le complexe solaire de Ouarzazate a été présenté via un film de quelques minutes. Le montage du projet et son financement ont été exposés par Mustapha Bakkoury, président du directoire de Masen.


source: l'Economiste

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