Guitouni tance les industriels! RETARD DANS LE PROGRAMME DES 22.000D MW D'ELECTRICITE RENOUVELABLE



Guitouni tance les industriels!  RETARD DANS LE PROGRAMME DES 22.000D MW D'ELECTRICITE RENOUVELABLE

Le président de la République a érigé les énergies renouvelables en priorité nationale 
«Il faut que l'industrie de l'énergie renouvelable telle que la construction de panneaux photovoltaïques suive.»
Le programme des 22.000 MW d'électricité d'origine renouvelable est-il compromis? «Absolument pas», répond le ministre de l'Energie, Mustapha Guitouni. Intervenant, hier à Alger, lors de la 22ème Journée de l'énergie organisée par l'Ecole nationale polytechnique d'Alger, le premier responsable du secteur a assuré que la transition énergétique est sur la bonne voie.
«Le président de la République Abdelaziz Bouteflika nous a donné des instructions claires afin de mener à bien ce projet», a-t-il souligné. Néanmoins, Mustapha Guitouni, qui avoue l'existence d'un certain retard, renvoie la balle au secteur de l'industrie. «Il faut que l'industrie de l'énergie renouvelable telle que la construction de panneaux photovoltaïques suive. Il n'est pas question de recourir à l'importation de ce type de matériel», a-t-il soutenu. «Ce déploiement à grande échelle, constitue une opportunité historique pour le développement industriel national et la diversification de l'économie du pays. Les industriels doivent saisir cette chance», assure le ministre pour mettre devant leur responsabilité les investisseurs nationaux.
Guitouni qui convient de la difficulté de la tâche met toutefois en avant les potentialités du pays en la matière. «L'Algérie dispose de réels atouts dans ce domaine. En premier lieu, la disponibilité des ressources énergétiques (ex: solaire), mais aussi le marché pour cette industrie appelée à croître de manière soutenue sur le long terme. Une approche régionale viendra conforter ces avantages», a t-il mis en exergue. «Ce sont là quelques considérations à partir desquelles I'Etat, le secteur public et l'industrie privée se doivent d'agir pour assurer le développement de cette industrie. Aussi, il est impératif de mettre en place rapidement un cadre attractif pour attirer les technologues et les investisseurs autour de partenariats gagnant-gagnant», a-t-il ajouté avec ce qui sonne comme une flèche empoisonnée en direction du secteur de l'énergie en général et des industriels en particulier.
Il insiste sur la crise que traverse l'Algérie. «Le pays traverse une crise financière aiguë. Il n'est pas question de dépenser nos devises dans ce genre de produits qui ne sont pas vitaux alors que l'on a besoin de cet argent pour assurer d'autres services vitaux aux Algériens», a précisé le ministre de l'Energie. «Il faut savoir qu'une centrale de 4000 MW coûte l'équivalent de 8 milliards de dollars. On n'a pas les moyens de dépenser cet argent. Il faut que ce soit des produits locaux», a-t-il souligné non sans insister sur le fait que cela ne remettait pas en cause l'objectif des 22.000 MW. «Je le répète, il faut que l'industrie suive, mais nous avons déjà mis le pied à l'étrier», a t-il soutenu.
Il argumente ses dires par le fait que «ce programme a déjà connu une phase initiale de concrétisation nécessairement lente, la réalisation de plusieurs centrales photovoltaïques, totalisant une capacité de près de 400 MW». «160 MW seront prochainement lancés. Deux centrales de 25 MW seront réalisées par la Sonelgaz alors que 100 à 120 MW seront mis aux enchères pour être confiés à des entreprises locales», a t-il révélé. «On ira au rythme qu'il faut, mais une chose est certaine, nous allons arriver à bon port», a t-il répliqué avant de souligner le fait que les hautes autorités du pays ont conscience de l'importance de ce défi.
«Une des retombées énergétiques majeures de ce programme est l'économie de quelque 300 milliards de m3 de gaz, soit un volume additionnel à nos réserves. Ce qui est l'équivalent de 7 à 8 années de consommation nationale actuelle de gaz», a-t-il mis en évidence. «Le président de la République a érigé les énergies renouvelables en priorité nationale. Nous sommes chargés de concrétiser cela sur le terrain», a t-il conclu avec beaucoup d'espoir...
 


source: L'Expression