Algérie:La Zone de libre-échange africaine opérationnelle dès janvier 2021 Un nouveau challenge économique

  • 21 décembre 2020 / Actualité / 150 / Africa - Bi 3


Algérie:La Zone de libre-échange africaine opérationnelle dès janvier 2021  Un nouveau challenge économique

Après un bilan jugé globalement négatif de l'Accord d'association avec l'Union européenne, l'Algérie s'apprête à entrer dans un autre processus commercial multilatéral. Il s'agit de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Il faut savoir que le coup d'envoi officiel de cette Zlecaf interviendra au début du mois de janvier prochain. Un rendez-vous des économies africaines et une opportunité pour l'Algérie d'améliorer ses chiffres à l'export hors hydrocarbures et équilibrer un tant soi peu son déficit commercial en achetant africain, donc pour beaucoup moins cher. Il va de soi que la Zlecaf ne remplacera pas toutes les importations du pays, mais l'Algérie fonde tout de même beaucoup d'espoir dans l'intégration économique africaine, censée lui ouvrir les portes d'un marché de plus d'un milliard de consommateurs et peu exigeant en matière de normes à satisfaire. Le Premier ministre, qui a représenté l'Algérie à la 13e Session extraordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine, était à la limite de l'enthousiasme. Il usera de qualificatifs très engagés et dira que le choix de l'Algérie d'intégrer la Zlecaf était stratégique.
L'optimisme du Premier ministre tient certainement à la capacité de l'Algérie d'intéresser des investisseurs, compte tenu des infrastructures dont elle dispose et de son capital humain en termes de formation et de compétences universitaires. Le pays pointe en tête du continent en matière d'indice de développement humain. Il n'y a pas que cela. L'Algérie peut être d'une précieuse contribution à l'épanouissement de la Zlecaf grâce à «la Transsaharienne Alger - Lagos (Nigeria), le gazoduc entre l'Algérie et le Nigeria, la liaison fibre optique Alger-Abuja et le port de Cherchell, en tant que hub de fret maritime», énumère Abdelaziz Djerad. Autant de réalisations, dont certaines déjà finalisées et d'autres en phase de lancement. Elles pèseront lourd dans le choix de pas mal d'investisseurs étrangers, intéressés par le marché africain qui se place comme la prochaine zone de croissance économique mondiale. En effet, 1,2 milliard de personnes qui vivent en Afrique, peuvent générer une valeur de 3000 milliards USD et un Produit intérieur de 2,5 milliards USD. Les experts tablent sur un des flux commerciaux intracontinentaux de l'ordre des 52%. Actuellement, le rapport n'est que de 16%.
Ces données imposent un minimum de respect et les grandes compagnies multinationales n'ont pas l'intention de s'en détourner. Pour nombre d'entre elles qui activent déjà sur le continent, la Zlecaf est une aubaine inespérée. Elle l'est également pour les pays africains qui, au terme des clauses qui régulent la megazone de libre-échange, suppose des implantations industrielles en terre africaine. Un deal gagnant-gagnant, bien qu'il y aura certainement à en redire dans les prochaines années. Mais pour l'heure, l'objectif premier de la Zlecaf est d'édifier un grand marché, dont la croissance sortira des millions d'Africains de la pauvreté. Mais le dire est autrement plus facile de réaliser cet objectif. Les guerres qui minent l'Afrique constituent le principal obstacle. Il reste tout de même possible d'entamer le processus et le succès économique peut induire une stabilité politique.
Cela dit, la Zlecaf et ses nobles desseins n'empêcheront pas la compétition entre les Etats. Il faut savoir à ce propos que les investissements directs étrangers profiteront d'abord au pays qui réussit à les attirer. Sur cet aspect des choses rien ne changera. C'est d'abord le chacun pour soi. Et dans ce chapitre l'Algérie a des atouts à faire valoir. Sauf que les infrastructures et autres compétences humaines ne suffisent plus pour convaincre les investisseurs. L'environnement, la législation et l'administration sont des critères incontournables. Il s'agira donc globalement d'améliorer sensiblement la position du pays dans le Dowing Business. Chose qui semble difficile à atteindre en Algérie en raison d'une bureaucratie assommante, une législation en décalage et d'un environnement des affaires encore flou. Dans son ambition africaine, bien qu'il faille la considérer comme l'un des poids lourds du continent noir, l'Algérie est tenue de se réformer vite et bien pour ne pas rater le train de la Zlecaf, après avoir laissé des plumes dans l'Accord d'association avec l'Union européenne.


source: l'Expression

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