Algérie: La priorité au solaire, à l'éolien et à la géothermie ENERGIES RENOUVELABLES



Algérie: La priorité au solaire, à l'éolien et à la géothermie  ENERGIES RENOUVELABLES

Pour le professeur Chamseddine Chitour, l'exploitation des gaz de schiste n'est pas une priorité. Il insiste sur le recours aux énergies solaire, éolienne et géothermique. 
Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Intervenant hier sur les ondes de la Chaîne 3, le Pr Chamseddine Chitour, professeur à l'Ecole polytechnique d'El Harrach à Alger, affirme que les bouleversements climatiques sont la conséquence réelle de la pollution dans le monde. Il cite les inondations qui ont touché dernièrement l'Algérie mais aussi la sécheresse qui selon lui, affecte les rendements alimentaires. «Il faut que le citoyen sache que l'Algérie est en stress hydrique qui évoluera de plus en plus de façon dangereuse et donc il ne faut pas gaspiller l'eau. Il faut penser aux générations futures», dit-il. Insistant sur la «moralisation» de la consommation, il ajoute : «Il faut qu'il y ait la vérité des prix pas seulement pour l'eau mais aussi pour le carburant». Afin de réduire ces changements climatiques, l'invité de la radio plaide ainsi pour le recours aux énergies vertes. «Il faut aller vers l'électricité verte pas celle produite à partir du gaz naturel mais celle qui provient du solaire, de l'éolien et de la géothermie. Ça, c'est un changement total de paradigme !». Seulement poursuit-il, «le problème en Algérie, c'est qu'il y a beaucoup de logique sectorielle». Et d'expliquer : «chaque département ministériel agit comme si il était seul. Il n'y a pas une logique d'ensemble à savoir une stratégie d'ensemble où chacun doit exécuter une politique qui est un sous-ensemble d'une politique générale». D'ailleurs, il estime que la ministre de l'Environnement est «en train de s'égosiller dans le désert». «C'est très bien ce qu'elle fait mais elle ne sera pas suivie», dit-il. Pour lui, il faut d'abord expliquer aux citoyens quels sont les enjeux à l'horizon 2030 et ce qu'ils doivent laisser aux générations futures. Le Pr Chamseddine Chitour précise, par ailleurs, que l'Algérie produit entre 1,4 et 1,5 tonne de pétrole par habitant par an, soit l'équivalent de 140 millions de CO2 dans l'atmosphère. Il évoque l'existence de petites actions de protection de l'environnement mais «leur somme ne va pas loin». Selon lui, le gaspillage demeure le plus gros problème. «15% de l'énergie que nous consommons est du gaspillage. Sur les 60 millions de tonnes de pétrole, six millions de tonnes sont gaspillés, ce qui équivaut à 3 milliards de dollars au prix actuel», souligne-t-il avant d'imputer ce gaspillage aux «prix dérisoires des utilités tels que le carburant et l'eau». L'intervenant rappelle en outre, les réserves de l'Algérie en hydrocarbures qui sont de 12 milliards de barils de pétrole et 2 000 milliards de m3 de gaz conventionnel. Au rythme de la consommation actuelle, il estime que le pays en a pour vingt ans. «Il y a de petites découvertes de la Sonatrach mais elles ne sont pas significatives. Il va falloir régler le problème du modèle énergétique», dit-il. Il évoque ainsi le plan des énergies renouvelables mis en place par l'Algérie en 2011 qui prévoit 22 000 mégawatt. «Aujourd'hui, il nous faut du solaire, de l'éolien et de la géothermie. Les gaz de schiste, ce n'est pas pour maintenant, c'est pour les générations futures de 2030», dit-il encore. Pour lui, le meilleur gisement de l'Algérie n'est autre que la valorisation des énergies et leur économie. Evoquant le problème des déchets, il s'interroge sur la manière dont il faut valoriser les 16 à 17 millions de tonnes de déchets collectés chaque année et dont un tiers sont des matières recyclables.
Ry. N.
 


source: Le Soir d'Algérie

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