Algérie: Bandelettes de dosage de la glycémie La production nationale se renforce de 4 millions d’unités



Algérie: Bandelettes de dosage de la glycémie La production nationale se renforce de 4 millions d’unités

Lancé en 2015, le site de Sétif est fonctionnel depuis novembre 2017. Avec une seule équipe, l’usine fonctionnant avec une technologie de pointe, produit 4 millions de boîtes de bandelettes sous la marque Check 3.

Objet des décennies durant de spéculations des uns et d’enchères des autres, les bandelettes réactives de dosage de la glycémie «made in Algeria» sont non seulement disponibles, mais fabriquées selon les standards internationaux. Ainsi, le défi lancé par les laboratoires Salem, forts d’une expérience de plus de 25 ans dans la fabrication du médicament, est désormais une réalité palpable.

Lancé en 2015, le site de Sétif est fonctionnel depuis novembre 2017. Avec une seule équipe, l’usine, fonctionnant avec une technologie de pointe, produit 4 millions d’unités (bandelettes) sous la marque Check 3. Avec une deuxième équipe, la production atteindra, en 2019, les 8 millions de boîtes. Avec son énorme potentiel, la production nationale va, à court terme, répondre aux besoins nationaux oscillant entre 11 à 12 millions de boîtes et mettre un terme à l’importation dont la facture avoisinait dans un passé peu lointain les 150 millions de dollars. La concrétisation des investissements nationaux permettra aux producteurs algériens d’exporter l’excédent.

«La division diagnostics des laboratoires Salem, produit, avec un taux d’intégration supérieur à 80%, des bandelettes réactives d’automesure de la glycémie répondant aux normes ISO 15197 2013 sur un site en cours de certification ISO 13485. Nous œuvrons pour le marquage CE de notre dispositif avant la fin de cette année pour nous permettre d’exporter nos produits dans toute la zone MENA et éventuellement en Europe dès 2020», révèle le directeur du site, Mohamed Gharzouli.

«Nous avons obtenu la première décision d’enregistrement pour ce type de produits en Algérie, délivrée par l’Agence nationale des produits pharmaceutiques, après validation de notre processus de fabrication et de contrôle qualité. Le laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques libère tout lot que nous produisons pour sa mise sur le marché», précise notre interlocuteur.

Le directeur général adjoint des laboratoires, Djamel Salem, abonde dans le même sens : «Le projet de production de bandelettes d’automesure de la glycémie est le fruit d’une réflexion approfondie, d’un partenariat avec une entreprise pionnière à l’échelle mondiale dans le développement exclusif de dispositifs pour la mesure de la glycémie, accessibles et hautement qualitatifs. Le projet se voulait sérieux et responsable, afin d’assurer un transfert approfondi du savoir-faire dans la manipulation des enzymes, et garantir un accès du plus grand nombre de patients diabétiques algériens à un système d’automesure de la glycémie fiable et sûr.

Nous nous devions d’assurer des capacités industrielles suffisantes pour couvrir une bonne partie des besoins du marché, estimés à plus de 11 millions de boîtes de 50 bandelettes, dont plus d’un tiers est encore assuré par l’importation de produits finis, pour un coût estimé, cette année, à plus de 50 millions de dollars, un montant en nette régression par rapport aux années précédentes, puisqu’il dépassait allègrement les 150 millions de dollars.»

Notre interlocuteur revient sur les objectifs futurs du laboratoire : «Dès l’année prochaine, le doublement de nos capacités à près de 8 millions de boîtes nous permettra de couvrir, avec les autres producteurs nationaux, la totalité des besoins de l’Algérie.» Il exhorte par la suite les pouvoirs publics à mettre un terme à l’importation de tout produit fabriqué localement en quantité et qualité : «Nous souhaitons que l’engagement des autorités de réduire les importations de produits finis, pour soutenir la production nationale et que nous saluons avec enthousiasme, ne permette pas l’émergence d’une importation déguisée en découpe et conditionnement locaux, n’apportant pas toutes les garanties de qualité et de sécurité à nos compatriotes diabétiques.»

Il convient de souligner que les laboratoires Salem sont une PME familiale produisant, développant et commercialisant, depuis 1994, une gamme de 60 médicaments. Fonctionnant avec 140 salariés, les laboratoires Salem, connus et reconnus pour leur sérieux, produisent annuellement entre 15 et 20 millions d’unités (suppositoires, ovules gynécologiques, comprimés et gélules).

Notons que l’usine d’El Eulma, détentrice, faut-il le rappeler, du BPF (certificat de bonnes pratiques de fabrication) est l’une des rares unités de production nationale à produire le Cloraxene (générique du Tranxène), le Simexane (générique du Meteoxane) et Témesta fabriqué sous licence. Notons à toutes fins utiles que le diabète sucré est la quatrième cause de mortalité infantile avec une proportion de 4,4% de décès. Il est aussi la troisième cause de mortalité chez les personnes de plus de 45 ans avec une proportion de 10,5%.

Il faut en outre savoir que le nombre de diabétiques en Algérie est passé à plus de 2,5 millions de personnes en 2015, soit 8% de la population algérienne. La production locale de bandelettes de dosage de la glycémie entre donc dans le processus d’une meilleure prise en charge de cette lourde pathologie.


source: El Watan

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